BRETAGNE VIVANTE/ SEPNB : Enquête Publique (Octobre/Novembre 2000) concernant le GAEC
Saint-Antoine à Melgven
BRETAGNE VIVANTE/ SEPNB
Enquête Publique (Octobre/Novembre 2000) concernant le GAEC
Saint-Antoine à Melgven
Avis de BRETAGNE VIVANTE/ SEPNB, envoyé au Commissaire-Enquêteur
Monsieur,
Le projet de régularisation et d’extension présenté par le GAEC Saint
Antoine de Melgven pose problème, en ce qui nous concerne, au niveau de ses
effluents.
Ces effluents consistent en fumier sur paille, eaux blanches et eaux
vertes. Si le fumier sur paille est un progrès par rapport au lisier, eaux
blanches et eaux vertes sont elles assimilables à ce dernier. Il faut aussi
préciser que le fumier est quand même industriel et qu’il va contenir
produits sanitaires et phytosanitaires (important pour l’argumentaire de la
deuxième partie).
L’épandage de ces sous-produits concerne ici deux zones particulièrement
sensibles:
- d’une part le bassin du Moros qui constitue la réserve d’eau
potable de la ville de Concarneau.
- d’autre part des terres limitrophes des étangs de Trévignon dont un
certain nombre appartiennent au Conservatoire du Littoral.
Pour le bassin du Moros, il est indéniable que cela va constituer une
surcharge supplémentaire par rapport à la situation actuelle. Or la commune
de Concarneau vient de mettre en place un programme de reconquête de la
qualité de l’eau car l’eau de la ville approche des valeurs limites de
potabilité pour l’azote. La baie de Concarneau est aussi un des principaux
sites bretons où il y a prolifération d’algues vertes avec toutes les
conséquences que l’on connaît. Or une grande partie des apports organiques
de la baie se fait par le Moros.
Pour les terrains du Conservatoire du Littoral, une convention a été signée
le 30/08/2000 entre les agriculteurs locataires, la commune de Trégunc et
le Conservatoire pour «une gestion agricole qui préserve et valorise les
qualités naturelles et paysagères du site et favorise les pratiques
respectueuses de l’environnement»( termes de la convention). Elle autorise
les fumiers pailleux mais interdit les produits d’épandage industriel, les
épandages de déjections animales pures, les fonds de cuve, tout produit
auquel sont assimilés eaux blanches et eaux vertes. Notre association qui
fait partie du comité de gestion des terrains du Conservatoire n’a jamais
pu obtenir la mise en place de contrôles pour connaître les flux d’azote au
niveau des étangs mais là encore les naturalistes observent année après
année une eutrophisation de ces étangs. Le secteur du Conservatoire est
classé ZNIEFF, fait partie du programme Natura 2000, il faut y remettre en
cause ce type d’agriculture qui ne correspond pas à l’esprit de la
convention ni aux objectifs du Conservatoire du Littoral et y préconiser
plutôt une activité agricole sans lisiers, sans produits phytosanitaires,
sans paille industrielle
Pour ces raisons, nous vous demandons, Monsieur, de bien vouloir émettre un
avis défavorable au projet d’extension.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments respectueux.
BRETAGNE VIVANTE/ SEPNB
SECTION CONCARNEAU-TREGUNC
Concarneau, le 2 Novembre 2000
Jos Goapper, secrétaire
|