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Kurun, Une aventure musicale à Concarneau
Kurun
Une aventure musicale
Le tonnerre s'arrete à Concarneau.
Kurun a fété samedi dernier, en présence de trés nombreux amis, la fin
d'une aventure musicale qui restera dans l'histoire. L'un des groupes les
plus appréciés des danseurs de festou-noz se sépare car les musiciens qui le
composent ont envie d'aller voir dans d'autres directions, ouvrir d'autres
horizons musicaux.
C'est au début des années 90 que Yan-Fanch Le Coz et Roland Conq
commencent à sonner ensemble en fest-noz. Un duo bombarde guitare qui peu à
peu a envie de faire autre chose, de trouver de nouvelles sonorités. Roland
propose alors à Yann Carriou de les rejoindre. Les flutes concarnoises
apportent alors une douceur et des envolées qui atténuent quelque peu le son
"acide" de la bombarde, se marriant à la perfection avec la guitare. Nous
sommes en 92, et l'aventure Kurun va alors durer 8 ans.
Duo, trio, quatuor, trio et quatuor !
À ses début, le trio se transformera en quatuor, avec la venue de
Yannick Péron qui restera avec son accordéon dans Kurun pendant trois ans. À
son départ, il ne sera pas remplacé et Kurun continue sa route à 3,
devenant l'un des groupes les plus recherchés : "On a joué absolument
partout se souviennent les musiciens. "Nous étions même le groupe "officiel"
du Festival de Cornouaille : tout le temps où Kurun a existé, nous avons
animé tous les festou-noz du festival à Quimper". Le départ de Yannick
oblige le groupe à changer les tonalités des instruments et pendant 3 ans
ils continuent ainsi jusqu'à la rencontre avec le percusionniste Pierre Le
Toux lors du festival Musiques-Mosaïques.
Deux souvenirs discographiques sont les témoins de ces 8 ans passés
ensemble : un CD "Kurun" sorti en 96 et le trés beau "Kej Mej" sorti l'an
passé, dans lequel les musiciens ont pu donner libre cours à des
arrangements impossibles à refaire sur scène devant une salle avide de
danses.
Kurun au singulier pluriel
Après presque 10 ans à faire du fest-noz, les musiciens de Kurun
dressent un constat : "Nous évoluons tous dans des formations différentes,
et on se rend compte que depuis un an nous n'avons pas répété ensemble. Même
si le répertoire "roule tout seul", nous avons envie de faire autre chose."
Kurun se déclinera donc dorénavant au singulier pluriel et l'on pourra
retrouver chacun des 4 musiciens au sein de nombreux ensembles : Yann
Carriou avec le Bagad à Concarneau, mais aussi en duo avec Jean-Michel
Veillon (cornemuse et flûtes), avec Pierre Le Toux pour quelques festou-noz
(flûtes et percussions), soliste en cornemuse (un instrument qu'il a fort
envie de développer en solo) et au sein d'un groupe australo-breton,
Crossroads, un ensemble que l'on pourra applaudir l'été prochain en
Bretagne.
Pierre le Toux de son côté a un projet avec Doudou N'Diaye Rose,
un ensemble composé de 15 musiciens bretons et 15 musiciens sénégalais.
Pierre joue également en trio sax/batterie/accordéon avec Pierre Le
Vallégant, mais aussi avec RollMayar, un trio de gavotte-swing-boogie, et
d'autres projets pointent leur nez, notamment avec Jean Floc'h et un
contrebassiste.
Roland Conq pour sa part continue le fest noz avec Filifala, ex-Gwenfol,
joue en trio avec le trio Roland Conq et en groupe avec Shafali, de la world
musique autour du chant indien. Yann-Fanch Le Coz lui joue toujours avec les
ex Pen Golo qui se nomment maintenant Bourboul et en couple avec Eric Ollu
de Tud. Bien sûr, les 4 musiciens se déclarent prêts à rejouer ensemble au
cas où : Kurun est en effet le seul groupe de fest noz à avoir mis
littérallement le feu à la sono, un soir de fest noz à Trévignon : un
souvenir qu'Alain Pennec évoquait samedi soir au CAC :
"je n'ai jamais vu ça : j'ai déjà vu des enceintes fumer, mais prendre
feu, jamais !".
Philippe Revert de Calan
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