Les 50 ans du Centre Nautique des Glenans
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Les 50 ans du Centre Nautique des Glenans
Une histoire marquée par la personnalité de Philippe Viannay
Le Centre Nautique des Glénans fête cette année ses 50 ans. Un jubilé qui donnera l'occasion à plusieurs centaines d'anciens stagiaires,
les 21 et 22 juin prochains, de se retrouver sur l'archipel avec leurs souvenirs et leur nostalgie.
Car les Glénans, c'était - et c'est toujours-, une ambiance, un état d'esprit suscités par Philippe Vianney. Les relations entre Concarneau et
le Centre sont étroites et fortes. La ville bleue est et restera le berceau historique des Glénans.
Philippe Viannay est le fondateur du Centre Nautique des Glénans. En 1947, le propos de cette personnalité hors du commun,
résistant de la toute première heure et fondateur du journal "France Soir", n'est pas de créer une école de voile, mais de rassembler autour
d'activités communes dans un environnement extraordinaire, les jeunes qui ont dû arrêter leurs études pour entrer dans la résistance.
Pourquoi avoir choisi l'archipel des Glénan plutôt qu'un autre endroit de France ?...
C'est simple ! Les Glénan sont, pendant les vacances de 1946, l'histoire d'un coup de foudre que Philippe partage d'ailleurs avec sa femme, Héléne.
Les Viannay, tous deux profondément humanistes désirent spontanément partager cette beauté, ce bien extraordinaire avec les jeunes sortis de la résistance.
"Le bien qui était offert", écrit Philippe Viannay dans son livre "Du bon usage de la France" paru en 1988, "c'était un étonnant domaine maritime à découvrir...
c'était aussi la confiance mutuelle entre des êtres... Je crois qu'un nombre non négligeable de personnes souhaitent le bien commun de la liberté, l'aménité de la vie
et recherchent ceux qui veulent les mêmes choses. Les Glénans furent et sont peut-être encore celà".
Liberté et austérité
A la demande de Philippe Viannay, Henri Desjoyeaux, le père du navigateur Michel Desjoyeaux, est l'un des 120 stagiaires qui décrochent
en 1947 un billet pour l'archipel. Phillipe connait bien Henri à qui il a demandé pendant l'occupation allemande d'animer
un centre d'instruction dans les bois de Ronquerolles en Seine-et-Oise.
"En 1947, la notion de moniteur n'existait pas", se souvient Henri Desjoyeaux. "J'étais un stagiaire comme un autre.
J'avais 27 ans. Personne ne connaissait les techniques de la voile si ce n'est Pott Ollivier, un marin professionnel originaire de Raguénez,
responsable du groupe. La femme de Pott nous faisait la cuisine sans plaisir et sans goût. L'ambiance sur l'archipel était austère mais très bonne.
Nous naviguions sur des argonautes en partie pontés pourvus d'une quille. C'étaient des bateaux très stables".
Henri assure l'encadrement l'année suivante jusqu'en 1952. Pendant deux ans, le camp nautique est installé sur l'île du Loc'h puis
sur Penfret, qui est désormais propriété du CNG. La pratique de la voile est une des activités de la journée.
Le volley-ball, la antation, les échanges d'idées remplissent le temps. Parallèlement aux activités des Glénans, Philippe Viannay
réussit à convaincre plusieurs marins-pêcheurs de Concarneau, dont il s'est fait des amis, d'embarquer à leur bord des jeunes venus de Paris et d'ailleurs.
"Grâce à Eugène le Rose (propriétaire d'une voileie à Concarneau), je suis entré en relation avec des commandants de thoniers.
Ils nous communiquèrent leur expérience et leur culture", écrit Philippe Viannay. L'aventure dure quatre ans.
Les Concarnois, principaux fournisseurs des Glénans
L'atelier d'Eugène Le Rose, situé avenue du Dr Nicolas sert, pendant quelques années, de base aux Glénans. Philippe Viannay
entretient d'étroites relations avec les professionnels de la mer concarnois qui deviennent les principaux fournisseurs des Glénans.
Le Concarnois, André Stephan, ébéniste, devient le constructeur des bateaux des Glénans.
"Il dominait totalement les métiers du bois", écrit Philippe Viannay. "Il se fit pour nous, constructeur de bateaux et créa ensuite
en 1955 un chantier naval, qui eut une grande réputation, produisant par centaines des mousquetaires et des Caravelles parfaits".
Devenir de bons marins
En 1950, le Centre Nautique des Glénans devient officiel. A partir de 1952, l'école s'enrichit de nouveaux bateaux conçus par un architecte parisien génial,
Jean Jacques Herbulot se disant ignorant des techniques de l'architecture navale. Les vauriens, caravelles et corsaires sont issus de cette intelligence flamboyante.
Les stagiaires ne sont plus des résistants mais des jeunes venus d'horizons les plus divers, désireux de découvrir la mer à des prix raisonnables.
Aux Glénans, ils apprennent les qualités indispensables pour devenir de bons marins: capacités à juger rapidement une situation, conscience de leurs limites,
respect de l'élément naturel. A partir de 1963, les Glénans sortent de leur base. Ils s'établissent aussi à Paimpol et ouvrent la voie à une implantation diversifiée en France et en Europe
(Irlande, Marseillan, Fazzio, Bonifaccio...). Apprendre des mers et des côtes diverses constitue encore aujourd'hui l'un des points forts de l'enseignement des Glénans. Finalement,
la vraie réussite des Glénans est d'avoir engendré une culture faite de souplesse d'esprit, de sécurité et de solidarité.
Partenariat avec la ville
La base de Concarneau est, aujourd'hui encore, le symbole des Glénans. Elle représente 45% des activités de l'école, emploie 15 permanents. Les batiments du centre situés en plein coeur de la ville
ont été entièrement rénovés grâce au soutien actif de la ville. Article extrait de la revue "Sillage" d'Avril 97
Copyright © 1997 Mairie de Concarneau
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